Les éco-quartiers, vecteurs de vitalité

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Quartier durable vu du cielChaque commune, chaque bourg, chaque village a son caractère, son histoire, sa manière de marquer de son empreinte le paysage dans lequel il s’inscrit. Et ce sont les hommes qui en décident, au cas par cas ou selon des règles qui guident leurs décisions.

Le Brabant wallon connait une vie intense du point de vue de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. La vitalité de son économie et la poussée démographique qui l’accompagne font que chaque commune doit, à de nombreuses reprises chaque année, prendre des décisions. Idéalement, chaque commune doit avoir un projet pour ses habitants.

Prendre le pouls de la population, anticiper les besoins des ménages et des entreprises, aller à la rencontre des porteurs de projets immobiliers : au lieu de se contenter de réagir à la pression des demandes en appliquant des règles, le pouvoir public peut en effet prendre l’initiative et faire preuve d’ambition en modelant l’évolution des ses quartiers et de ses paysages en fonction de son projet.

Pourquoi des « quartiers durables » ?

Un projet de quartier durable, au 21ème siècle, c’est non seulement un projet qui fait du sens au regard des grands enjeux sociaux et environnementaux auxquels notre société est confrontée mais c’est aussi apporter des solutions concrètes dans le contexte actuel du Brabant wallon :

  • économiquement, un projet de quartier durable est au moins aussi intéressant qu’un projet « classique »;
  • humainement, il permet de créer de vrais espaces de vie qui correspondent aux aspirations des familles qui décident de sortir de la ville pour vivre « autre chose » sans se ruiner; 
  • politiquement, il permet de donner des bases solides pour le développement harmonieux de nouvelles habitations dans leur environnement, naturel et bâti, dans une perspective à long terme et en emportant l’adhésion de tous, anciens et nouveaux habitants.
Un « référentiel »

Référentiel Quartiers durablesIl existe une définition officielle des « quartiers durables » donnée par la Wallonie dans le « Référentiel quartiers durables » publié en février 2014. Ce document offre une série de balises et de repères très concrets permettant l’évaluation de projets de construction de nouveaux quartiers (et non pas la rénovation de quartiers existants).

25 critères sont cités, ventilés en 5 thématiques :

  1. Les potentialités du site et du projet en termes de mobilité (proximité d’une gare ou liaisons par bus), de mixité fonctionnelle et d’équipements scolaires (quelles offres de services existent à proximité ?) et de densité (dont le seuil est variable selon la situation : plus élevé dans les quartiers de gare et de centre-ville, moins élevé dans les villages centraux).
  2. Les ressources du projet en termes de sobriété énergétique : mitoyenneté (dans les pôles et bourgs, au moins 50% des logements développés sont mitoyens), ensoleillement et lumière naturelle (façades avec vue suffisamment dégagée), besoins en chauffage et énergies renouvelables (respect des normes les plus strictes), matériaux et réversibilité (origine des matériaux, destination des déblais, etc.)
  3. Les milieux naturels : perméabilité des surfaces aménagées, séparation des flux d’eau de pluie et d’eaux usées, surfaces des espaces verts et bleus (minimum 30% du site si le total des surfaces de ce type dans un rayon de 700m est inférieur à 2.000 m2).
  4. Les aménagements : voiries en cul-de-sac limitées à moins de 20%, stationnements auto et vélo réfléchis, paysage, architecture et image du quartier affirmés, espaces extérieurs privatifs suffisants, équipements collectifs variés (module de jeux, plaine de sport, local partagé, potager collectif…), gestion poussée des déchets.
  5. La mixité et la participation : mixité fonctionnelle (des offres de service complémentaires à celles qui existent alentour sont développées au sein du nouveau quartier), mixité des logements (au moins 10% de petits, 10% de moyens et 10% de grands), mixité sociale (logements sociaux selon les besoins de la commune, au moins 10% de logements pour ménages à revenus moyens), accessibilité aux personnes à mobilité réduite (10% des logements, 100% des espaces publics et collectifs), participation (implication au long du projet à la fois des riverains et des futurs habitants).
La vitalité du Brabant wallon

Habiter en quartier durableLes exemples de développement de quartiers durables commencent à se multiplier en Wallonie. Ils répondent à la demande des ménages, y compris financièrement : à investissement comparable, l’usage est moins cher.

Et les responsables publics ne manquent jamais de se féliciter d’avoir fait ce choix. Les retours sur investissement sont en effet intéressants : image de marque, modernité et convivialité riment avec attractivité économique, sobriété budgétaire et sécurité.

A partir des préoccupations environnementales, énergétiques et sociales, l’écologie politique a permis d’inventer de nouveaux concepts qui intègrent intelligemment une série de contraintes pour en faire des opportunités. Le concept de quartier durable est aujourd’hui à maturité et même à la mode.

C’est ce qu’il faut faire aujourd’hui en Brabant wallon pour réussir le pari de l’intégration, dynamique et harmonieuse sur le long terme, des nouveaux habitants.

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